L’écrivain François Nourissier, membre pendant trente ans de l’Académie Goncourt, qu’il a présidée du 5 mars 1996 à 2002 après en avoir été secrétaire général à partir de 1983, est mort mardi 15 février, à 83 ans, a annoncé l’Académie.
Démissionnaire du célèbre jury, où il avait été élu en 1977 au couvert de Raymond Queneau, pour raisons de santé, il en était devenu le premier membre honoraire en janvier 2008, devançant l’approbation des nouveaux statuts.
Auteur de près de 25 ouvrages, François Nourissier a été couronné par le Grand prix du roman de l’Académie française en 1965 pour Une histoire française et par le prix Femina en 1970 pour La Crève.
Né à Paris le 18 mai 1927, il a fait ses études aux lycées Saint-Louis et Louis-le-Grand avant d’être diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. Remarqué dès la publication de son premier roman, L’eau grise, en 1951, il entre un an plus tard chez Denoël dont il sera secrétaire général jusqu’en 1956, puis rédacteur en chef de la revue La Parisienne, dirigée par Jacques Laurent, membre du groupe des Hussards auquel on l’associe. En 1958, il devient conseiller littéraire des éditions Grasset, où il publie l’essentiel de son œuvre. Président du prix littéraire le plus convoité, critique au Point et au Figaro Magazine, il a été sans aucun doute un homme à séduire.
ET MAINTENANT QUELQUES « REACTIONS » POUR LA DISPARITION DE CE GRAND PERSONNAGE :
L’annonce du décès de l’écrivain et ancien académicien Goncourt, mardi 15 février à l’âge de 83 ans, a suscité de nombreux témoignages dans le monde des lettres comme dans le monde politique.
« Il meurt un peu tard », a déclaré Jean d’Ormesson, le 16 février sur RTL à la suite du décès, la veille à l’âge de 83 ans, de François Nourissier (voir actualité sur LivresHebdo.Fr), ce sens de la formule généreuse faisant référence aux longues années de souffrance de l’écrivain et ancien académicien Goncourt, sans occulter le profond respect et l’admiration qu’il a inspirés et qui ont suscité de nombreux témoignages.
Morceaux choisis : Jean d’Ormesson : « La fin de sa vie a été extrêmement cruelle. Peut être qu’aujourd’hui il meurt un peu tard … il a connu une gloire littéraire extraordinaire, il était le Pape de l’édition et le Pape de la littérature française… On peut dire qu’avec Pivot, il était celui qui décidait du destin d’un livre et d’un auteur. »
Edmonde Charles-Roux, présidente de l’Académie Goncourt : « Il a une place à part dans la vie littéraire française, la place d’un vieux sage, d’un homme de lettres sans concessions aucunes, et pour qui la littérature a toujours été tous ses bonheurs… Il avait une qualité plus grande que beaucoup d’autres, la curiosité. Et c’est parce qu’il a été curieux qu’il a lu sur tapuscrit Oublier Palerme et l’a fait publier chez Grasset. Je lui dois mon Goncourt. »
Bernard Pivot, académicien Goncourt : « Il a écrit un livre de chef d’œuvre, A défaut de génie …Il a vécu pour la littérature, il a vécu de la littérature … C’était l’homme qui par sa connaissance, par son engagement et sa passion des livres exerçait une influence très grande sur l’Académie Goncourt et sur les votes … Quand il défendait un livre on peut dire que ce livre l’emportait… »
Térésa Crémisi, présidente de Flammarion : « Un lecteur hors pair, capable d’aimer et de défendre même ce qui ne lui correspondait pas du tout, une curiosité inlassable, un sens de l’amitié si fort et si original, une conversation sinueuse et amusante : je ne l’oublierai jamais.
Franz-Olivier Giesbert, Le Point : « Il était avant tout un somptueux écrivain, même s’il n’a pas laissé de très grand livre. ?Il y a une injustice là -dedans, c’est aussi pour cela qu’on l’aime. ?Il a en tout cas marqué les générations suivantes. ?On lui doit beaucoup. »
Alexandre Bompard, P-DG de la Fnac : « … Il souhaitait tout mettre en Å“uvre pour encourager la découverte et ouvrir les portes du roman contemporain à la jeunesse. Avec Edmonde Charles-Roux, il fut celui qui à l’origine défendit le plus l’initiative de la Fnac de créer le Prix Goncourt des Lycéens, opération qu’il a su accompagner avec autorité, fidélité et bienveillance »
Nicolas Sarkozy, président de la République : « … (il) était un homme généreux, jamais avare de son influence et de sa plume pour soutenir un auteur attaqué. François Nourissier, qui nous avait fait partager sa quête de la demeure idéale dans La maison mélancolie, l’aura finalement trouvée dans le coeur de ses lecteurs ».
François Fillon, Premier ministre : « … Il a toujours servi les grandes causes de la pensée française …La subtilité de François Nourissier, son goût de l’observation, en font un formidable témoin de son temps. Il restera comme l’exemple même d’un grand serviteur de notre culture. »
Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication : « … Le grand pouvoir qui, de fait, était le sien dans le monde littéraire n’avait pourtant pas fait de lui un conformiste ou un homme qui veut d’abord être imité. Il savait aller à contre-courant, oser le contre-pied, et, déjouant toutes les stratégies que les grands prix littéraires peuvent susciter, défendre tout simplement un talent inattendu et le défendre parce qu’il l’aimait … »
Bertrand Delanoë, maire de Paris : « Avec François Nourissier disparaît une figure familière de la littérature française, un visage reconnaissable entre tous, une voix qui, de longues années durant, sous le crépitement des flashs, annonçait à chaque rentrée littéraire le lauréat du prix Goncourt. »

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